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Le procès de Karadzic doit être aussi celui de l’idéologie psychiatrique qui a servi à justifier l’épuration ethnique en Bosnie

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Il n’y a pas pire discrimination que celle qui est justifiée par des critères pseudo-scientifiques. Sait-on que longtemps avant l’holocauste, dès 1920, un psychiatre allemand, Alfred Hoche, et un avocat qui devint Ministre de la Justice du Reich publiaient un livre intitulé « Permission de détruire une vie qui ne mérite pas d’être vécue » dans lequel ils demandaient à ce que les personnes « mentalement déficientes » soient euthanasiées ? Plusieurs psychiatres allemands ont été les théoriciens de la supériorité de certaines races et ont donné à Hitler la « caution scientifique » pour ses œuvres criminelles. Ces psychiatres ont rarement été inquiétés. Alors, quand on retrouve deux psychiatres, Radovan Karadzic et son mentor aujourd’hui décédé Jovan Raskovic à la source des crimes d’épuration ethnique en ex-Yougoslavie, on n’est guère surpris, tant est continue au fil de l’histoire l’implication de psychiatres dans la justification « scientifique » du racisme. C’est pourquoi, au moment où Radovan Karadzic va comparaitre devant le Tribunal pénal international, le communiqué de presse de la Commission des citoyens pour les droits de l’homme prend tout son sens. Nous le reproduisons ici intégralement.

Communiqué de presse

Paris le 22 juillet 2008 : La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme demande à la Cour pénale internationale de s’assurer que le procès de Karadzic soit aussi celui de l’idéologie psychiatrique ayant servi à justifier l’épuration ethnique.

La Commission des Citoyens pour les droits de l’Homme va écrire au Tribunal pénal international pour demander que soit prise en compte la dimension idéologique des crimes commis par Radovan Karadzic. Si le rôle direct dans les massacres en Bosnie est reconnu, l’association souhaite que le rôle joué, en tant que psychiatre, pour justifier l’épuration ethnique avec des arguments pseudo-scientifiques soit souligné, afin de prévenir une utilisation future des ces arguments dans d’autres conflits éventuels.

Dès le début de la guerre en Bosnie, la CCDH France avait dénoncé le programme d’épuration ethnique en Bosnie dont les justifications invoquées par ses auteurs étaient très similaires à celles des crimes nazis des années 30 et 40. En 1992, la CCDH avait présenté un rapport sur les atrocités commises en ex-Yougoslavie à l’Association Mondiale de Psychiatrie, à la Fédération Mondiale de la Santé Mentale et au département santé mentale de l’Organisation Mondiale de la santé. Ce rapport pointait le rôle déterminant joué par l’idéologie psychiatrique et l’action des psychiatres dans le conflit bosniaque.
Dans ce rapport, CCDH apportait les preuves que Karadzic avait suivi sa formation de psychiatre sous la houlette de l’ancien fondateur du Parti social démocrate (PSD), le psychiatre Jovan Raskovic. Avant sa mort en 1992, celui-ci avait déclaré à la télévision de Belgrade et au journal Vjeskik que lui et son parti avaient « mis le feu au détonateur du nationalisme serbe », en jouant avec « des principes freudiens » sur l’infériorité et la supériorité de certaine races.

Raskovic affirmait que lui-même et Karadzic avaient répandu « l’information » selon laquelle les Croates avaient « une fixation sur le complexe de castration » alors que les Musulmans « se montraient autoritaires ». Les Serbes, disaient-ils, avaient « les qualités pour diriger » et étaient « destinés à être leaders » alors que les Croates et les Musulmans étaient des races inférieures qu’il était nécessaire d’éliminer. Ce psychiatre a promu ses théories « freudiennes » sur les races dans son livre Luda Zemla (Un pays fou) et dans le cadre d’une campagne dans les médias. Il fut à l’occasion acclamé par certains comme le plus grand psychiatre et scientifique de son temps.

« Je me sens responsable parce que c’est moi qui ai préparé cette guerre, même si ces préparatifs n’étaient pas militaires. Si je n’avais pas créé ce stress émotionnel chez le peuple serbe, rien ne serait passé » déclara-t-il alors.
En tant qu’élève de Raskovic, Radovan Karadzic a continuellement justifié ses massacres et sa politique par ces mêmes arguments de nature psychiatrique ou psychanalytique, attisant même la haine inter-ethnique en donnant une apparence scientifique au concept de supériorité raciale. C’est en cela que Karadzic s’inscrit dans une certaine tradition psychiatrique ayant « théorisé » l’idéologie fondamentalement nazie selon laquelle certaines races ou ethnies sont supérieures aux autres.
Rappelons qu’en Allemagne nazie, des dizaines de psychiatres ont été à l’origine de la stérilisation et de l’assassinat d’un grand nombre de personnes, le génocide ayant commencé par les malades mentaux dans les asiles. La plupart de ces psychiatres n’ont pas été poursuivis et se sont remis à pratiquer leur métier en Allemagne et dans d’autres pays du monde entier après la guerre. Au même titre que Karadzic en Bosnie, Ernest Rudin est le psychiatre qui a joué le rôle le plus important dans la préparation de l’holocauste. Rudin était président de la Fédération internationale des organisations eugénistes et leader mondial du mouvement eugéniste qui cherchait à éliminer les individus « inférieurs » de la société en les mettant de côté, les stérilisant ou en leur donnant la mort, afin de créer une race « meilleure ». En 1933, Rudin avait été choisi par le Ministère du Reich pour conduire le programme de pureté raciale de l’Allemagne. Rudin aurait plus tard publiquement rendu hommage à Hitler pour avoir fait de « son rêve vieux de plus de trente ans une réalité » en imposant « l’hygiène raciale » au peuple allemand. Rudin ne fut pas condamné et vécut jusqu’à sa mort sans être inquiété.

La Commission des Citoyens pour les droits de l’homme espère que cette fois-ci la justice pourra être rendue et que l’idéologie psychiatrique qui se trouve derrière ces atrocités pourra être démasquée. La présidente de CCDH Internationale, Madame Jan Eastgate, a déclaré qu’« alors que les atrocités de la purification ethnique et du génocide sont habituellement ce qui attire notre attention, il est important de reconnaître l’idéologie qui en est la source et de rendre responsables les personnes qui l’ont mise sur pied. »

C’est en ce sens que la CCDH transmettra l’ensemble des informations qu’elle détient au Tribunal Pénal International.

Pour toute information complémentaire, contacter la CCDH au 01 40 01 09 70.

La France met sa législation en conformité avec le droit communautaire interdisant les discriminations

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La France vient de mettre sa législation en conformité avec diverses directives européennes interdisant les discriminations en matière d’emploi, de fourniture de biens et services, de formation et de promotion professionnelles, de conditions de travail.

Ainsi vient d’être promulguée la loi n°2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations (Journal Officiel n°0123 du 28 mai 2008, page 8801).

L’article 1 de cette loi précise que « constitue une discrimination directe la situation dans laquelle, sur le fondement de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sa religion, ses convictions, son âge, son handicap, son orientation sexuelle ou son sexe, une personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne l’aura été dans une situation comparable. »

L’article 2 interdit une telle discrimination dans divers domaines. Il stipule notamment que « toute discrimination directe ou indirecte fondée sur le sexe, l’appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, la religion ou les convictions, le handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle est interdite en matière d’affiliation et d’engagement dans une organisation syndicale ou professionnelle, y compris d’avantages procurés par elle, d’accès à l’emploi, d’emploi, de formation professionnelle et de travail, y compris de travail indépendant ou non salarié, ainsi que de conditions de travail et de promotion professionnelle. »

Cette loi est très intéressante car elle étend considérablement la portée des textes existants interdisant les discriminations. Ainsi par exemple, l’article 225-1 du code pénal français ne mentionnait pas les convictions comme motif de discrimination. C’est désormais chose faite. Avec cette nouvelle loi, les discriminations pour appartenance vraie ou supposée à la Scientologie seront donc strictement interdites car aucun juge ne pourra nier qu’il s’agit bien pour les scientologues de convictions.

Notre communauté jouit désormais d’une arme efficace pour faire respecter ses droits !

Une circulaire de la Ministre de l’intérieur encadre la « lutte contre les dérives sectaires »

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Au nom de la « lutte contre les dérives sectaires », tout n’est heureusement pas permis dans notre République laïque. Le 25 février 2008, la Ministre de l’intérieur adressait à tous les préfets une circulaire intitulée « lutte contre les dérives sectaires » (circulaire NOR/INT/A/08/00044/C) qui contenait plusieurs mises en garde intéressantes :

 

. Il s’agit bien de lutter contre les « dérives sectaires » et non pas de lutter contre les « sectes ». La ministre rappelle ainsi que « la notion de secte, certes couramment utilisée, est une notion de fait et non de droit. Au regard du droit, l’appartenance à un mouvement quel qu’il soit relève d’abord d’une opinion, dont la liberté est un principe constitutionnel. » Après avoir rappelé quelques textes fondateurs de la liberté de conscience, la ministre souligne que « conformément aux principes républicains, la lutte contre les dérives sectaires n’a pas pour but de stigmatiser des courants de pensée. »

. Dans cette lutte, il convient de s’en tenir exclusivement à des faits régulièrement établis. Ainsi, la ministre rappelle qu’ « il est de jurisprudence constante que les restrictions apportées au nom de la préservation de l’ordre public doivent toujours l’être au cas par cas, ‘in concreto’, à partir de faits établis. »

. La ministre rappelle l’arsenal juridique permettant de lutter contre les « dérives sectaires » et précise en introduction que « l’arsenal juridique disponible pour mener cette lutte semble suffisant, qu’il s’agisse des textes ou de la jurisprudence. »

. Enfin, la ministre rappelle que l’usage d’une liste de « sectes », fût-elle d’origine parlementaire, est totalement exclu : « la circulaire du Premier Ministre en date du 27 mai 2005 relative à la lutte contre les dérives sectaires a clairement indiqué la nécessité d’abandonner dans la recherche des dérives sectaires toute référence à des listes, pour privilégier une logique de faits ayant l’avantage d’élargir le champ des investigations sans limiter celles-ci à des groupements préalablement identifiés. »

Quand un député s’oppose à la diffusion des idées

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La diffusion des idées est une liberté fondamentale, garantie par de nombreux textes de loi, dont l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme qui dispose : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Pour le député Jean Grellier, certaines idées, par exemple une dénonciation des abus de la psychiatrie, même répandues de manière parfaitement licite, ne sont pas recevables lorsqu’elles émanent d’un mouvement qualifié de « secte » dans un rapport parlementaire ! On sait ce qu’il en est de la teneur de ce rapport. Une vingtaine d’heures d’audition, sans aucune volonté d’équilibre des points de vue, sans aucune convocation des vrais experts du sujet, qu’ils soient historiens ou sociologues des religions, ont suffi à une poignée de parlementaires pour, à partir d’un rapport bâclé des RG, dresser une liste de 173 mouvements spirituels et religieux qualifiés de « secte ». Un rapport qui avait suscité le tollé de la communauté scientifique et des réactions virulentes d’associations internationales de défense des droits de l’homme. Un rapport à chaque fois invalidé par les tribunaux lorsqu’il a servi à justifier des discriminations. Bref un rapport qui n’a, heureusement, aucune valeur juridique.

Voici donc la question écrite du député Jean Grellier et la réponse éclairante de la Ministre de l’intérieur.

Ministère interrogé : Relations avec le Parlement
Ministère attributaire : Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales
Question publiée au JO le : 12/02/2008 page : 1117. Réponse publiée au JO le : 20/05/2008 page : 4230. Rubrique : Esotérisme. Tête d’analyse : sectes. Analyse : lutte et prévention.

Texte de la QUESTION :

M. Jean Grellier alerte M. le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement sur les publications récemment reçues par les parlementaires relatives à la psychiatrie. Il y a quelques semaines, une brochure luxueuse, agrémentée de surcroît d’un DVD édifiant quant au diagnostic sur les « mérites » de la pratique de la psychiatrie, était transmise à tous les députés. Lecture faite des mentions légales de ce document, il apparaît qu’il émane de l’Eglise de Scientologie. Selon le rapport parlementaire n° 2468, l’Eglise de Scientologie est identifiée de manière indéniable comme un mouvement sectaire. Les sectes peuvent donc librement faire œuvre de prosélytisme jusque dans nos institutions où les principes de laïcité et de rationalisme éclairé conditionnent nos principes républicains. Il lui demande donc de bien vouloir lui expliquer sa position quant à ce qui semble être pour le moins un paradoxe extrêmement gênant.

Texte de la REPONSE :

Le droit positif ignore la notion de secte à laquelle n’est attachée aucune conséquence juridique. Cette absence de définition résulte de la conception française de la laïcité, qui trouve son fondement dans l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen disposant que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble par l’ordre public institué par la loi », et qui pose ainsi clairement le principe de la neutralité de l’Etat à l’égard des opinions religieuses. C’est pourquoi tout courant de pensée peut librement s’exprimer, tant qu’il agit dans le cadre de la loi. Néanmoins, si la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes, elle réprime les dérives constatées dans certains groupements qui peuvent, en l’état actuel de notre droit, tomber d’ores et déjà sous le coup de multiples qualifications pénales. L’intitulé de la « mission de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires » créée par décret le 28 novembre 2002 résume la conception des pouvoirs publics en la matière ; cette même conception a sous-tendu l’élaboration de la loi n°2001-504 du 12 juin 2001 visant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales.

L’accusation de « Secte » : la bonne excuse pour opprimer les minorités religieuses

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Dans l’Histoire, l’accusation de « secte » a toujours été utilisée pour opprimer les minorités religieuses. Cette accusation est également utilisée aujourd’hui par des régimes totalitaires pour justifier la répression de certaines minorités. En Algérie, une chrétienne, éducatrice dans une crèche, vient de comparaître devant la justice pour détention de livres religieux (des bibles et des évangiles). Le procureur, après avoir rappelé que l’Islam est religion d’Etat a requis trois ans de prison ferme. Devant les journalistes, le ministre algérien des Affaires religieuses s’est voulu rassurant : « La communauté chrétienne jouit de tous les droits ; mais nous luttons contre les sectes ! »

En Iran, les autorités justifient la terrible répression contre les Bahaïs en invoquant les mesures « antisectes » adoptées dans les démocraties et citent la France en exemple avec sa fameuse loi About-Picard. On sait aussi que la Chine a cité le cas de la France pour justifier la répression contre Falun Gong (voir notre article A propos des Droits de l’Homme et du Tibet).

La liberté de religion est une et indivisible. Quand un citoyen commet un délit, il doit être jugé comme n’importe quel autre citoyen en non en fonction de ses croyances ou de son appartenance à un groupe spirituel ou religieux, fût-il considéré « bizarre » par la majorité. La justice doit être la même pour tous.

Une statistique dont les scientologues se réjouissent

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Un article du Parisien nous apprend que l’an dernier 2660 personnes ont demandé à consulter leur dossier RG et/ou de police, soit 67% de plus qu’en 2006. Voici une augmentation qui réjouit d’autant plus les scientologues que l’arrêt du Conseil d’Etat qu’ils ont obtenu (voir article Victoire contre les RG) rend beaucoup plus difficile, pour les RG, le refus de communication de leur dossier aux citoyens qui en font la demande.

L’accès aux fichiers RG est indirect et passe par la CNIL (Commission de l’informatique et des libertés). La CNIL se plaint d’un manque d’effectifs pour traiter cette recrudescence de demandes. Nous lui suggérons une solution radicale : purger les fichiers des RG de tous les dossiers qui n’ont rien à faire dans ce service de police ! Ceci simplifiera grandement le traitement des demandes et rapprochera la France d’une démocratie transparente au service des citoyens.

Un député qui ne manque pas d’air !

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Voici la stupéfiante question écrite posée par le député Patrick Roy et la réponse nette et précise de la Ministre de l’Intérieur.

Pour qu’un député en arrive à poser une question aussi ahurissante, il en aura fallu de la désinformation ! Ici encore on ne peut que dénoncer les campagnes de haine et de propagande des associations qui militent contre les nouveaux mouvements religieux et qui sont financées quasi exclusivement par l’Etat, au mépris des règles de la laïcité.

Question N° : 17050

de M. Roy Patrick (Socialiste, radical, citoyen et divers gauche – Nord

Ministère interrogé : Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales
Ministère attributaire : Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales
Question publiée au JO le : 19/02/2008 page : 1340
Réponse publiée au JO le : 06/05/2008 page : 3848
Rubrique : Esotérisme
Tête d’analyse : Eglise de scientologie
Analyse : revendications. pertinence
Texte de la QUESTION :

M. Patrick Roy attire l’attention de Mme la ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales sur la demande tout à fait scandaleuse de l’Eglise de scientologie qui souhaite que ses membres bénéficient de la liberté de conscience reconnue dans la Constitution. Dans un communiqué diffusé mardi 12 février 2008, l’Eglise de scientologie s’estime victime de « violations de la loi de 1905 » sur la séparation des Eglises et de l’Etat. Elle demande que ses membres bénéficient de la liberté de conscience reconnue dans la Constitution. Il souhaite connaître la réponse qui sera faite à cette organisation.

Texte de la REPONSE :

L’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen disposant que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi », l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme précisant que « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion » et l’article 1er de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat, disposant que la République assure la liberté de conscience, il en résulte que les adeptes français de l’Eglise de scientologie jouissent comme tout citoyen des droits garantis par ces textes.

La nouvelle carotte de Georges Fenech

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Après avoir vu sa réélection invalidée par le Conseil constitutionnel (voir notre article Le Conseil Constitutionnel annule l’élection du député Georges Fenech), l’ancien magistrat Georges Fenech devait s’ennuyer ferme. Malgré son prochain renvoi devant le tribunal correctionnel (voir notre article Georges Fenech renvoyé devant le tribunal correctionnel) il vient de se voir attribuer une nouvelle carotte : la rédaction d’un rapport sur « les dispositifs judiciaires conçus pour lutter plus efficacement contre les dérives sectaires ». Il faut dire que les témoignages éloquents des hauts-fonctionnaires devant sa dernière commission d’enquête sur la situation des enfants dans les « sectes » n’ont pas dû lui plaire car ils n’allaient pas dans son sens. Pratiquement tous ont en effet affirmé, peu ou prou, qu’il n’y avait pas ou très peu de problèmes en France (voir notre article Problème ou non problème). Peu de problèmes, donc peu de plaintes en justice. Mais pour Georges Fenech qui ne veut pas en démordre et qui continue à affirmer que les « dérives sectaires » touchent 300 000 personnes, il y a forcément anguille sous roche. Si la Justice ne sévit pas faute de plaintes, faudra-t-il en inventer en créant de nouveaux délits ou changer la Justice ?
A quand des tribunaux d’exception pour juger des citoyens « hors normes » ?

Contre le fichage à tout va

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On le sait, la vidéo-surveillance a le vent en poupe. Ce qui nous inquiète n’est pas tant le fait de filmer les citoyens dans la rue à leur insu mais l’utilisation frauduleuse des fichiers qui ne manquera pas de se produire. On sait à quelles dérives les fichiers des RG ont conduit, malgré le « contrôle » de la CNIL. Si vous voulez accéder au contenu de votre fichier (pour en rectifier les erreurs), ce que la loi a prévu, la CNIL vous répond qu’en l’état actuel des demandes, elle n’est pas sûre de pouvoir faire droit à votre demande, compte tenu de ses effectifs. On est rassuré ! Alors imaginons des dizaines de milliers de caméras vidéo et tous les enregistrements produits !

C’est dans un tel contexte que nous approuvons totalement cette réaction d’un internaute, postée sur le forum du site de METRO. Nous la reproduisons ci-après :

« On apprend à la fois que la vidéo surveillance s’avère un fiasco complet en Grande-Bretagne et que Olivier Besancenot a été espionné durant des mois.

Cette affaire est intéressante. L’officine privée a mis la main sur les comptes bancaires du leader d’extrême-gauche ainsi que sur d’autres informations présentes uniquement dans les fichiers de l’Etat.

Nous en déduisons que l’officine en question a usé de la « tricoche », terme d’argot décrivant la revente - ou l’échange - d’informations contenues dans les fichiers de l’Etat par des fonctionnaires en faveur d’une société privée. Parfaitement illégal, il va sans dire.

Les fichiers constitués sur le dos des citoyens ne sont donc pas étanches. D’autres peuvent y accéder qui n’ont pas les obligations, voire les scrupules, d’un fonctionnaire placé sous la tutelle d’un pouvoir élu démocratiquement.

Pour en revenir à la Grande-Bretagne, la vidéo surveillance aurait permis de suivre les faits et gestes d’Olivier Besancenot. Les bandes du film auraient été remises à cette mystérieuse officine puis au commanditaire. Que de temps gagné !

On peut se demander si les caméras de surveillance ont vraiment pour seul objet d’attraper les voleurs… surtout quand elles n’y parviennent pas. Auraient-elles des utilités moins avouables comme la surveillance illégale de leaders d’opinion ou de V.I.P. ? Après tout François Mitterrand avait placé Carole Bouquet sur écoute. Gageons qu’il aurait préféré avoir les images. K.P »

A propos des Droits de l’Homme et du Tibet

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Dans le concert des protestations actuelles contre la politique menée par la Chine au Tibet, curieusement on n’entend en France aucune voix pour rappeler qu’il n’y a pas que la spiritualité tibétaine qui subit les coups de boutoir du matérialisme de Pékin. Sont visés également les catholiques reconnaissant l’autorité du pape ou les millions d’adeptes du Falun Gong, cette discipline spirituelle issue de la pratique ancestrale du Qi Gong. La répression contre le mouvement Falun Gong est pourtant régulièrement dénoncée par le prestigieux New York Times et par Amnesty International. En mars 2000, un rapport de l’association avait révélé qu’au moins 77 membres de Falun Gong étaient morts en détention et que des dizaines de milliers d’autres avaient été détenus arbitrairement par la police, certains de manière répétée pendant de courtes périodes, et avaient fait l’objet de pressions visant à les faire renoncer à leurs convictions.

Le silence français sur cette répression est probablement un silence gêné : en novembre 2000, l’ancien ministre Alain Vivien, responsable de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS), l’ancêtre de l’actuelle Miviludes, s’était rendu à Pékin pour assister en tant qu’observateur à un colloque sur les “sectes”, organisé par les autorités chinoises. Alain Vivien, qui évoquait en permanence les Droits de l’Homme en France, n’avait pas dit un mot pour dénoncer les agissements du régime chinois. Un article paru à la suite de son voyage dans la revue «Regards sur», publication d’une association de lutte contre les “sectes”, anciennement dirigée par le même Alain Vivien, précisait à propos de ce voyage en Chine, que « La France est souvent citée en exemple […]. Les représentants au symposium ont reçu un accueil chaleureux et ont fait l’objet d’une écoute particulièrement attentive

Le 13 mai 2000, le Hong-Kong Mail rapportait que le gouvernement chinois travaillait sur un projet de loi visant à mettre hors-la-loi le mouvement Falun Gong. D’après ce reportage, « le texte de loi que la France s’apprête à faire passer en juin prochain permet au gouvernement de mettre hors-la-loi une organisation dont une “branche” a été étiquetée comme “secte dangereuse” dans un pays étranger. Elle crée également un délit de manipulation mentale. »

La Chine citait en exemple la fameuse loi « About-Picard », grande fierté des intégristes laïcs français, Alain Vivien en tête. Comme l’expliquait alors le secrétaire général de la MILS au service Information de l’agence de presse U.P.I. : « En Europe, nous considérons plutôt que les libertés fondamentales devraient avoir des limites fixes et légales » ! En Chine aussi, certainement !