Le 11 octobre 2007, le député UMP des Alpes Maritimes, Lionnel LUCCA, était interrogé par l’animateur Jean-Jacques Bourdin au micro de la station RMC. La reconnaissance de la Scientologie comme religion au Portugal était évoquée.
Voici un extrait des propos échangés :
Jean-Jacques Bourdin
« Lionnel Lucca, dernière question : je voulais vous poser une question parce que vous étiez intervenu une fois à propos de la Scientologie, Lionnel Lucca, la Scientologie a été reconnue comme religion au Portugal. Est-ce qu’on devrait ouvrir le débat en France ? Est-ce que vous préparez une proposition de loi ? »
Lionnel Lucca
« Je ne propose rien, je m’étais simplement permis de penser à voix haute, ce qui est assez difficile dans notre pays, finalement, en disant que l’on devrait réfléchir au fait que si pour des pays c’est une religion, pourquoi nous, nous la considérons comme une secte ? [ ]
[ ] Je ne défends rien du tout, je défends la liberté quon puisse penser qu’il y a problème, la preuve, le Portugal vient de décider que c’est une religion comme en Allemagne. Ça ne justifie rien, peut-être que c’est nous qui avons raison, mais peut-être que les autres nont pas tort non plus. »
La cour européenne de justice, la Suède, le Portugal viennent de reconnaître à divers titres la nature religieuse de la Scientologie. Vous avez raison de vous poser la question, Monsieur Lucca : peut-être n’ont-ils pas tort.
Yves Bertrand, directeur central des Renseignements Généraux de 1992 à 2003, vient de publier ses confidences dans un ouvrage intitulé « Je ne sais rien mais je dirai (presque) tout ».
Voici des extraits intéressants de cet ouvrage qui ne peuvent que nous réjouir :
« [Question : ] Sur un tout autre sujet, certains vous ont reproché de vous intéresser de très près aux sectes. De trop près, même, puisque certains mouvements, comme la scientologie, estiment que les RG ont outrepassé leurs fonctions en qualifiant de « sectes » des groupes dont les activités navaient rien de répréhensible
[Réponse dY.B. :] Il est exact que les Renseignements généraux ont contribué à nourrir la réflexion de la commission d’enquête parlementaire qui, en 1996, a rendu un rapport très dur sur la question, en ne recensant pas moins de 172 mouvements qualifiés de sectaires.
Je ne renie pas le travail que nous avons fait alors pour éclairer les parlementaires. Mais ce travail a incontestablement vieilli. Et j’ai moi-même évolué sur la question.
[ ] Doit-on confondre en un même vocable, sectes et mouvements minoritaires, pratiquant le prosélytisme comme les Témoins de Jéhovah ? Franchement, je ne le pense pas. On a le droit de critiquer la scientologie ou les Témoins de Jéhovah, mais faut-il pour autant les transformer en diable ? Je pense même qu’à placer sur le même plan certaines sociétés de pensée et d’authentiques mouvements sectaires qui aliènent la liberté de leurs membres, on aboutit à l’inverse du but recherché. Sous prétexte de protéger la liberté de conscience, on empêche les citoyens d’embrasser les croyances de leur choix, ce qui est le contraire de la laïcité bien comprise »
Si Yves Bertrand le dit …
Le réalisateur américain David Lynch vient dêtre élevé par Nicolas Sarkozy au rang d’officier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Le cinéaste est un fervent pratiquant de la méditation transcendantale.
A l’Elysée, il était accompagné d’un représentant français de ce mouvement, Dominique Lemoine, président de l’association Gouvernement de la paix. Tous deux ont expliqué au chef de l’Etat qu’il suffisait de faire circuler des énergies positives pour œuvrer pour la paix dans le monde. David Lynch, qui cherche un immeuble parisien pour installer un millier de pratiquants de la méditation et créer ainsi une « tour de l’invicibilité » s’est rendu ensuite à la mairie de Paris où il a été reçu par l’adjoint au maire, chargé de la culture.
Rappelons que la méditation transcendantale était citée dans le rapport parlementaire de 1995. Que la promotion de ce mouvement n’empêche pas David Lynch de recevoir la Légion d’honneur est bon signe.
« La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ».
Ainsi est rédigé l’article 15 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.
Dans une démocratie, il est fondamental que l’action des pouvoirs publics s’exerce dans la transparence. C’est particulièrement important au moment où les démocraties occidentales tentent de se prémunir du terrorisme en renforçant les dispositions sécuritaires et les pouvoirs de la police et en diminuant l’espace de liberté des citoyens. La France sest dotée en 1978 d’une loi garantissant l’accès aux documents administratifs (loi du 17 juillet 1978).
Les scientologues, qui ont obtenu plusieurs jugements renforçant la transparence du gouvernement, ont rédigé une brochure pour faciliter l’application de cette loi, brochure qui a été distribuée à plusieurs milliers d’exemplaires.
Le Conseil de l’Europe élabore actuellement le texte d’une future convention sur le droit d’accès à l’information. Le projet de convention est rédigé par un groupe d’experts, choisis par 15 des 47 pays membres du Conseil de l’Europe. La rédaction doit être terminée d’ici la fin de l’année, ensuite le texte suivra un processus d’approbation par les instances du Conseil de l’Europe.
La bonne nouvelle est que la convention établit un droit daccès aux « documents officiels » qui sont définis au sens large comme toute information détenue par les autorités publiques sous quelque forme que ce soit. Ce droit pourra être exercé par n’importe quel citoyen sans qu’il ait à justifier sa demande. Toutefois, plusieurs points négatifs demeurent, comme l’exclusion du champ de la convention des documents détenus par les autorités judiciaires et ceux détenus par les assemblées parlementaires. Il est tout de même paradoxal que les assemblées qui élaborent les projets de loi soient exclues du champ d’une convention qui devrait garantir la transparence de leur fonctionnement !
Sont également exclues de la convention les personnes morales privées exerçant une mission d’intérêt général. Dans une société où de plus en plus de services publics sont privatisés, il est vital d’inclure dans un texte garantissant la transparence des autorités publiques, toute entité exerçant une mission de service public.
LONG « Acces-Info » milite pour que le projet de convention corrige ces points négatifs et soit amendé dans un sens qui protège mieux le citoyen contre le refus de transparence des autorités.
On trouvera sur leur site un exposé complet de la situation et une pétition dont nous encourageons vivement la signature :
www.access-info.org